Mille collines et une Marine

Bonjour à toi!
Bienvenue sur ce blog où tu pourras suivre mes aventures africaines pendant 3 mois au Rwanda. 
En espérant te faire voyager un peu, et te donner beaucoup envie.. 
Bonne lecture et à très bientôt..



Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 15:16
First-impressions--rwanda First-impressions--rwanda  

Giseyni, lac Kivu, frontière avec la RDC

 

Quelques impressions en vrac.

L’air rafraîchissant du lac, la plage de sable bordée d’arbres qui me fascinent. Le sentiment étrange de savoir le Congo à quelques centaines de mètres. Rencontre avec Yves, étudiant rwandais tout heureux de pouvoir parler en français avec les blanches débarquées de Kigali. Folle soirée de danse sur la piste d’une discothèque avec l’équipe de NDA, pic nique poulet frites sur la plage, visite d’une école et débats très enrichissants avec l’équipe enseignante. Soirée de solitude où je voudrais tout envoyer au diable, même le beau lac pour me retrouver dans mon jardin de Dompierre. Fatigue de passer tout le temps d’une langue à une autre. Crainte d’aller me balader toute seule dans les rues.

Par Marine DE HAAS - Publié dans : Travelling around
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 14:35

           Je suis arrivée il y a exactement une semaine dans ce petit pays d’Afrique de l’Est. Le voyage a été éprouvant, étant donné ma merveilleuse volonté à vouloir économiser de l’argent par toutes sortes de stratèges! Je suis allée tout d’abord à Paris afin de retrouver d’autres voyageuses en direction de l’Afrique, puis j’ai pris le bus de nuit Paris-Londres. J’ai rencontré une fille très sympa avec qui j’ai pu passer une partie de la journée suivante à Londres. 14 heures à errer un dimanche dans les rues londoniennes. Assez étrange mais chouette quelque part. Je suis allée dormer au soleil entre les transats du Green Park, et j’ai pris mon temps…sensation d’etre en apesenteur, dans un nomansland de ma tete. Pas encore complètement partie, pas encore arrivée. Seule avec mes pensées comme compagnie. Et puis tout s’enchaîne, bus, aéroports, gens à observer comme j’aime le faire dans chaque terminal. Familles entières d’indiens ou d’éthiopiens rentrant au pays pendant les mois d’été, ramenant cartons et valises par dizaines. Drôle de spectacle, saris côtoyant minijupe, djellaba d’un coté, short de plage de l’autre. Long trajet dans les airs, magnifique coucher de soleil digne des plus kitch films d’Hollywood. J’atterris à Addis Ababa. Je reconnais le terminal, le regard des gens, leur beauté mystérieuse qui m’avait tant envoûté quelques mois auparavant. Je pense à Clélie qui doit encore dormir dans son appartement à l’autre bout de la ville. Je suis si proche d’elle et en même temps si lointaine. J’aimerai pouvoir sortir lui apporter un café tout chaud pour qu’on ait juste l’immense plaisir de partager seulement notre petit déjeuner. Enfin, au moins je déguste un expresso éthiopien dans l’aéroport et laisse remonter en moi dizaines de souvenirs et sensations vécues ici. Encore un avion et j’arrive à Kigali. On m’attend à l’aéroport. Michael mon maître de stage et Ricarda une stagiaire sont là. Ouf rassurée je m’engouffre dans le 4x4 et nous rentrons « à la maison ». Je suis complètement pommée, je me laisse guider et j’enregistre comme je peux les informations que mon nez, mes oreilles et mes yeux m’envoient en continu. La maison où nous habitons tous (stagiaires, Michael + bureaux de NDA) est très grande et je m’installe dans une grande chambre. Pièce commune avec même une télé. Je suis assez impressionnée. Douche avec eau chaude, cuisine équipée… Oui oui il faut pouvoir travailler dans de bonnes conditions !


           
Le soir nous nous asseyons pour discuter de projets avec les autres stagiaires. Je suis considérée (tout comme les autres stagiaires d’ailleurs) comme project advisor. Wow la classe quand meme : on me prete un ordinateur portable, un téléphone portable chargé, une nouvelle adresse email au nom de la compagnie. C’est rassurant de se sentir poussée comme cela et responsabilisé de A à Z. On compte finalement vraiment sur notre présence pour améliorer l’entreprise et faire grossir les projets, en trouver d’autres, poser des bases théoriques sur tout cela. Mais en meme temps ca fait un peu peur : je n’ai jamais eu à monter des projets dès le départ comme cela. C’est comme cela qu’on apprend… !


           
Nous avons décidé avec Michael que je suivrai cette semaine le groupe de touristes américains (venant d’une association se nomment People To People) afin de me familiariser avec les projets et avec le pays. Du coup mardi je les suis jusqu’au Mémorial de Kigali. Ca commence fort, avec donc trois heures de visite sur l’avant génocide, le pendant et l’après. Nous participons aussi à une cérémonie d’enterrement. En effet des corps sont régulièrement retrouvés encore aujourd’hui et ils sont mis dans les « mass graves ». On nous a expliqué qu’il y avait environ 250.000 corps enterrés au mémorial de Kigali. Je me sens mal, j’ai mal au ventre. En tant que française certes, mais avant tout en tant que personne humaine. On se demande comment cela a-t-il pu arriver, comment tant de haine a pu se déclencher entre des gens qui vivaient ensemble sur la meme terre avec la meme langue. Comment les gens ont-ils pu se reconstruire après un tel désastre. Comment les victimes vivent-elles aux cotés des bourreaux ? Tant de questions…Ce pays a quand meme parcouru un chemin impressionnant pour se reconstruire. On estime à plus d’un million de morts le nombre de personnes ayant péri dans ces massacres. Dans un pays qui comptait 8 millions d’habitants, c’est énorme…on ne compte plus les orphelins qui sont en grand nombre, les femmes ayant été infectées de maladies sexuellement transmissibles par leurs bourreaux, les familles ayant disparu de bout en bout. C’est très étrange de se balader dans les rues de Kigali et d’imaginer ce qu’il se passait là bas, voilà 14 ans. Difficile de croire que tout ce sang a pu couler ici, surtout quand on voit comme les gens vivent les uns avec les autres maintenant. L’après-midi nous partons rendre visite à une école. Le groupe avec qui je reste est formé de professeurs et ils sont particulièrement sensibles aux problématiques touchant à l’éducation. L’école a été crée par des parents qui ne pouvaient pas envoyer leurs enfants à l’école faute d’argent. Depuis elle s’est développée et ils ont récemment acheté un nouveau terrain pour pouvoir agrandir l’endroit. Les enfants sont adorables, ils chantent, tentent d’aligner quelques mots d’anglais. Ils ont tous les cheveux courts, filles et garcons confondus. C’est assez bizarre au début mais on s’habitue vite. On doit juste regarder en bas, si pantalon ou jupe il y a ! Les américains ont amené une valise pleine de jeux, crayons, cahiers, habits comme don à l’école et remet en plus une enveloppe avec un peu de liquide de la part de tout le groupe. Le directeur est tout fier dans son petit costume, il fait visiter les classes, explique les matières, le financement…

 

            Le mercredi est une journée bien chargée puisque c’est le Millenium Tour Village. Un des grands projets de NDA, l’entreprise sociale où je travaille. Dans le cadre des Millenium Development Goals de l’ONU plusieurs projets ont été mis en œuvre dans différents pays africains. Il y en a actuellement 13 en Afrique, dont 1 au Rwanda. NDA fait visiter pendant une journée les différents endroits de cette partie rurale très pauvre du pays qui reçoit divers soutiens dans le cadre de ces MDGs. Hôpital, école, coopérative de femmes qui fabriquent de l’artisanat, repas local avec danseurs, mémorial. Les activités s’enchaînent à une folle vitesse. C’est étrange de faire visiter concrètement à des touristes les structures ou on fait en œuvre des programmes de développement. Je me pose beaucoup de questions. Sur le but de ce genre de tourisme, sur les effets attendus et ceux néfastes que cela peut avoir. N’est ce pas finalement une sorte de voyeurisme d’amener de riches touristes voir les pauvres petits africains tenter de s’en sortir ? En même temps ces gens s’intéressent réellement à ce qui ce passe ici, posent des questions et font des dons. Ils achètent aussi les produits locaux, amènent du matériel dans les écoles. Enfin je pense que mon opinion se forgera avec les temps, dans les rouages de mon stage, des projets à venir. En étant au cœur du processus. Moment fort de la journée : entrée dans cet hôpital du secteur. Journée de vaccination au centre. Nous entrons à la queue leu leu dans les couloirs étroits de cet endroit dont les murs ont été grossièrement repeints avec des couleurs vives. Une rangée de jeunes mères nous fait une haie d’honneur, malgré elles. Elles sont assises attendant patiemment qu’on les appelle et arborant leur progéniture enfuie sous de fins tissus. Cette armée de nouveaux-nés est juste impressionnante : en pleurs, ensommeillés, les yeux mi-ouverts. Ils sont partout. Je n’ai jamais vu autant de petits humains les uns à coté des autres. Nous apprenons pleins de choses, sur la vie quotidienne à l’hôpital, sur les vaccins, les instruments de gynécologie, sur les labos. Il fait très chaud. Est-ce que cet argent et ces moyens déployés dans cet endroit à travers les MDGs change quelque chose dans le développement de la zone ? Est-ce que NDA change quelque chose en amenant des touristes qui font des dons ? Nous n’avons pas encore pu faire d’évaluation, j’espère que ça viendra. En tous cas la notion de tourisme éducationnel prend tout son sens ici.

Par Marine DE HAAS
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Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 11:34

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Par Marine DE HAAS
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