Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 17:58
   Si une chose m'a marqué en Ouganda, ce sont bel et bien les trajets en bus que j'ai fait durant la semaine. Je pense que je n'avais jamais passé autant de temps les fesses posées sur une banquette inconfortable à regarder des paysages. Voici les trajets les plus marquants de la semaine.

      Le premier que je retiendrai est celui me menant de la frontière ougandaise à la capitale. Je me lève avant le soleil, pense être en retard et cours prendre le bus. Je suis dans les premières. Les gens arrivent petit à petit, au compte goutte, amenés par les vélos taxis ou les motos. Je patiente dans le froid du matin. Le bus s'emballe et je nous vois partir avec soulagement. Seulement la surprise c'est que le bus s'arrête tous les deux mètres pour prendre des nouvelles personnes: ils ne se sont pas dit que ce pourrait être efficace d'avoir un seul arrêt de bus! Bref, nous mettons 3-4 d'heures à sortir de la ville et nous remontons les collines, passons au dessus des nuages. Souffle coupé, visage collé contre la vitre pour ne rien rater de cette beauté. Puis après les montées ou le bus galère viennent les descentes et les grandes routes ou je commence à prier Dieu de m'accorder encore quelques années de vie. D'une ca va vite. De deux il y a des énormes trous sur la route donc le chauffeur tente de les éviter en passant par les bords en terre: résultat le bus penche une fois à gauche, une fois à droite. Ajoutez à cela que les ougandais roulent comme les anglais, à gauche et quelques camions de pétrole renversés sur la chaussée, vous aurez un aperçu du paysage. Heureusement ma voisine est charmante et m'accompagne aux toilettes pendant les pauses, me briefe sur les prix des bananes grillées et des chappattis vendus aux fenêtres du bus. Finalement malgré les grosses frayeurs les 8 heures de bus sont passées rapidement. On ne se lasse pas de regarder les paysages qui changent au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans les terres ougandaises (du vert puis du sec, des villes sales, puis des petits villages). Pas possible de lire, ni de dormir. Ce n'est pas grave, on emmagasine des milliers d'images, la tête se remplit avec des dizaines de pensées différentes. Et c'est agréable. L'entrée dans Kampala est un gros choc: on met prés d'une heure à atteindre l'arrêt de bus, le trafic est immense, il y a des gens partout et des fortes odeurs de gaz. Mais au moins je peux me dégourdir les jambes.

       Deuxième expérience en compagnie d'Edith. Nous nous levons tot et quittons notre fabuleuse et luxueuse guest house de Kampala pour attraper un bus direction le Nord Ouest du pays. Nous sommes vers 8h à la gare routière. On nous dit que le bus arrive dans une demie heure, nous payons notre ticket. Finalement nous partirons de Kampala 4 heures plus tard: pendant 4 heures, ne sachant pas si le bus allait arriver dans quelques minutes ou dans plusieurs heures, nous avons pris notre mal en patience dans cette gare routière bondée, sur polluée ou les odeurs sont insupportables et les déchets une vraie moquette. Nous avons cru devenir dingue. Une fois montées dans le bus nous avons constaté que les gens faisaient un concours pour faire rentrer le plus de choses possibles dans l'engin. Incroyable: sacs, valises, enfants, mémés. Tout le monde s'entassait. Dans un autre bus ils nous rajouteront 4 ou 5 poulets ce qui vaudra de gros fous rires à Edith qui n'avait jamais vu cela en Tanzanie! Et on se retrouve en sandwich entre la vitre et les fesses de quelqu'un. Combien de temps à tenir? Seulement 4 heures, pas de soucis! Formidable leçon de patience à l'africaine...pas facile pour deux muzungo habituées au TGV Paris-Lille...

      Dernière expérience qui vaut le détour: entre Masindi et Butiaba près du lac Albert. Nous trouvons une voiture à 7:00 du matin qui va dans notre direction. Nous hésitons 30 secondes vu l'état du véhicule mais nous n'avons pas vraiment d'autres alternatives. L'animal en question est une vieille voiture dont le coffre tient encore grâce à une ficelle. Nous commençons le périple à seulement 6 personnes, 3 derrière, 3 devant. Des fortes odeurs de poisson envahissent tout l'espace. Si tôt et avant le petit déjeuner c'est franchement moyen. Sur la route le "taxi" s'arrêtera pour laisser des gens et en prendre d'autres. L'apogée du voyage sera le moment à 9 dans la voiture. Et le passager à qui nous avons décerné la médaille d'or fut celle qui est quasiment montée sur les genoux du conducteur. Ou le conducteur était sur ses genoux, ce n'était pas très clair cette affaire!

     Il y a eu beaucoup plus de choses différentes et très drôles, mais je devais quand même faire une sélection du top 3! Si mes calculs sont bons, j'ai passé 40 heures de ma semaine dans des bus. Plutôt pas mal comme score!
Par Marine DE HAAS - Publié dans : Travelling around
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus