Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 13:41
"Est-ce que je le fais ou est-ce que c'est vraiment trop cliché? En plus ca va peut-etre donner un affreux résultat sur moi. En meme temps je ne suis pas tous les jours en Afrique et ici c'est peu cher et bien fait."

   Adjugé vendu: je vais me faire tresser!

Commence alors l'aventure. Je prends un mini bus direction Kimisagara et je réussis à trouver quelq`'un qui m'aide à trouver l'endroit exact ou je dois m'arreter. Je suis accompagnée de Gwyneth ma pote ghanéenne et une de ses amis. "Mama Djibou" nous attend comme prévu sur le bord de la route et me fait des grands signes: je suis la seule muzungo du coin, facile à repérer. Je la trouve cool dès le départ: un anneau dans le nez, robe et foulard blanc et vert, plutot petite et menue mais avec une voix qui révèle un caractère de fer.
Nous la suivons dans les petites rues (chemins) de Kinisagara jusqu'à arriver à sa maison. Typique des maisons de quartiers pauvres. Une grande cour, la cuisinière au charbon dehors, quelques fauteuils sans draps et des murs nus et sales. Bien sur des enfants partout.
Le prix avait été fixé à l'avance mais elle essaye de revenir sur sa parole en disant que les cheveux de muzungo sont très différents et glissent. Elle demande le double. Après coups de téléphone à Cécile (l'entremetteuse) et traduction en francais, elle accepte le deal initital et me montre l'endroit ou m'asseoir, par terre sur un tissu. 

Naive comme je suis, je m'attends à rester là deux ou trois heures, pas plus. Bilan des courses: je suis restée les fesses posées au sol pendant 8 heures. Rien que cela. Mais c'était une expérience interessante :) et le résultat n'et pas si mal que ca. 
8 heures. On se raconte des choses, on rigole. On s'étonne que je veuille des tresses "avec les si beaux cheveux que tu as", on me pose des questions sur la France. Les enfants défilent devant la porte: une muzungo en train de se faire tresser ca les amuse vraiment. Kiriku (génial le nom on a pas arreté de chanter "Kiriku n'est pas grand mais il est vaillant"), la petite de 2 ans, passe sa journée à escalader mes jambes,fouiller mon sac, jouer avec mes premières tresses, se blottir dans mes bras. Elle est aussi légère qu'une plume et n'arrete pas de rigoler. A d'autres moments tout le monde est silencieux, on écoute l'orage qui arrive sur Kigali. Le temps de penser à plein de choses en 8 heures.

Je suis un peu sceptique en sortant. Mais je m'habitue vite et trouve que finalement c'est un drole de nouveau style. Et les gens me disent que je "look smart" alors tout va bien. J'ai la sensation bizarre de peser 3 kilos de plus (juste par les cheveux) et d'avoir une sorte de grand bonnet ou de petit animal sur le crane. Ca tire pas mal et la nuit ne sera pas très bonne...
Par contre je suis désormais immunisée contre le mal-etre face au regard des autres dans la rue. Déjà que les Rwandais ont l'habitude de regarder (ou de dévisager!) tout ce qui est différent (est-ce culturel?) que ce soit moi la blanche ou que ce soit un copain rwandais qui porte des dreads. Donc mettez dans la rue une muzungo la tete remplie de tresses africaines: on se retourne, on rigole parfois, les enfants s'arretent carrément. Bref maintenant je suis prete à marcher dans les rues européennes avec une crete rouge et jaune sur la tete sans que le regard des autres ne me pose problème!

Demain Nina ma copine allemande va faire la meme expérience: dimanche on prend l'avion ensemble, au moins jusqu'à Addis Ababa. On s'est déjà dit qu'on aurait l'air tellement cliché avec nos tresses, qu'on pouvait carrément faire la totale: mettre une de nos robes africaines, les lunettes de soleil et un chapeau :) bref on va bien se marrer je pense, entre deux crises de larmes à l'aéroport...

Real mama Africa is going home...
Par Marine DE HAAS - Publié dans : Moments du quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus