Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 15:22
         Ca y'est "die Zeit ist um". Il faut rentrer à la maison paraît-il. Je ne réalise pas, je laisse le départ venir à moi en tentant de l'ignorer. Je vois les gens comme d'habitude, dis aurevoir mécaniquement comme si c'était une pièce de théatre, sans vraiment le prendre au sérieux. Meme dans la voiture emmenant Nina et moi à l'aéroport, je souris, ris, essaye de voir Kigali avec un regard de "dernière fois" mais meme cela je n'y arrive pas. Cela me semble tellement irréel et impossible de quitter cet endroit que mon cerveau refuse de rentrer dans un état d'esprit de départ. A l'aéroport je surfe entre crise de rires et crises de larmes. Larmes car je ne veux pas quitter tout cela. Rires car Nina et moi avons vraiment l'air de touristes typiques avec nos tresses et nos foulards dans les cheveux. Parce que nous sommes les dernières à monter dans l'avion mais prenons quand même le temps d'aller acheter des boucles d'oreilles avec les derniers francs rwandais. Larmes car la personne que je voulais le moins quitter ne sera pas à temps à l'aéroport. On se quitte pour si longtemps sans adieux. C'est peut-être plus simple comme cela. 

      Je m'embarque donc pour un voyage de plus de 72 heures. Heureusement Nina m'occupe l'esprit les 4 premières heures, jusqu'à Addis. Nous rions de nous mêmes, faisons des plans de futur, quand nous irons rendre visite à Rebecca à Washington, les soirées africaines qu'on organisera à Münster...A Addis nous nous quittons: elle part tout de suite pour l'Allemagne, moi je reste une nuit sur place. A ma grande surprise on me donne un visa de transit et je rejoins vite l'hotel en plein coeur de la ville. On m'apprend aussi que j'ai le droit d'aller et venir dans la ville à ma guise. Je ne me le fait as dire deux fois, je saute sur mon carnet d'adresses et appelle Ermias, le copain de Clélie, rencontré en Avril dernier en Ethiopie. 10 minutes après je me retrouve en train de discuter de Rwanda, Ethiopie, Clélie, voyages, cours de français avec Ermias dans les rues de la capitale: complètement dingue! Nous allons boire des bières avec des amis à lui et voilà Marine partie sur la piste de danse avec les éthiopiens du coin jusque tard dans la nuit. Courte nuit à l'hotel, un peu perdue dans mon rythme, mais tellement heureuse d'avoir vu Ermias et l'Ethiopie by night. Trajet Addis-Londres. Long, triste, solitaire. Temps de repenser à tant de gens, de choses. De faire une sorte de bilan. De verser des larmes. J'enchaine sur 2 nuits et 1 journée londonienne. Je pense que je n'aurai pas pu faire pire comme décalage. Monde, rythme pressé, grands buildings, froid, pluie, vent. Juste je n'y crois pas. Je me demande environ toutes les deux minutes ce que je fais ici. Heureusement encore (décidément ce voyage aura été ponctué d'heureusement!) je suis accueillie par des amis d'un ami. Des gens formidables qui m'ouvrent grand leur porte et je suis reçue comme une reine. Ils me montrent le coin, m'emmènent boire du bon vin blanc. Dernier jour, 7 heures de bus eurolines, traversée de la mer en ferry. Rencontre avec une américaine très drôle qui "loooooove my braids" et avec qui j'échange sur les voyages. Courte pause à Paris où ma cousine vient gentillement m'aider à porter mes bagages. Etrange de se voir si vite et dans cette situation, mais agréable de voir une tête connue à l'arrivée du bus! Dernière étape: le train!! Dernier heureusement, mon voisin de Paris à Lyon. Un béninois très drôle et sympa qui reconnait ma African attitude et avec qui les deux heures s'écouleront en un éclair. Enfin je pose le pied à Perrache. Et les amies sont là à l'heure et pleines de joie. Welcome home Marine. Ouf. Je commencais à fatiguer.

         Maintenant cela fait une semaine que je suis rentrée. Enfin que j'ai quitté Kigali. Cela me paraît déjà être des siècles en arrière. Pourtant je ne rêve plus que d'y retourner. Mon corps commence tout juste à s'habituer au climat post-été de France. Ma tete met un peu plus de temps à se sentir à nouveau à l'aise. Ca viendra. L'Afrique m'a ensorcelé. De haut en bas.

         Quand est-ce que je repars?
Par Marine DE HAAS - Publié dans : Moments du quotidien
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